À cet instant,

Je réalise que je n’ai jamais vraiment été en vie jusqu’à ce jour.

Je vois chaque chose comme si c’était la première fois.

Je sens la vie venir en moi.

À moins que ce soit la vie qui vienne de moi.

À vrai dire, je ne sais pas.

Je ne sais plus.

Tout est devenu flou,

Et en même temps,

Tout est devenu si clair.

Je ne cherche plus la réponse à ce paradoxe insoluble qu’est la vie.

Car ce paradoxe trouve paradoxalement sa réponse dans l’émerveillement de chaque instant.

Je ressens que jusqu’à cette seconde,

Tout ce que j’ai lu,

Tout ce que j’ai entendu,

Tout ce qu’on m’a enseigné,

Est fondamentalement faux

Faux, tout simplement, car ce n’est pas la Vérité

La Vérité ultime et absolue

Cette vérité,

Je ne peux la connaître avec mon esprit.

Je peux seulement la ressentir dans tout mon corps.

Cette vérité

Elle est en moi.

Elle m’appelle.

Elle crie pour que je la regarde droit dans les yeux.

Mais son regard abyssal

Le ressenti me submerge.

Je me sens pousser des ailes et je sens que je suis en train de m’envoler.

Mais une chose me retient :

La peur.

La peur de déchirer le lien que j’ai avec le monde d’ici-bas.

La peur de mon ego de mourir.

La peur de ne pas savoir jusqu’à quels cieux je vais m’envoler.

Mais puisque ce monde n’a que des illusions à m’offrir.

Je n’ai pas d’autres choix que de déployer mes ailes.